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10 août 2015

La vidéo sur l'Indonésie est en ligne !!

Bonjour à tous !

Un petit mot pour vous informer que nous venons de publier sur la page "Vidéo", notre film sur notre séjour en Indonésie.

Pour la visionner, rendez-vous en bas de page sur notre page "Vidéo" !

4 août 2015

Lombok, last stop in Indonesia

Après 3 jours divins passés à Flores et surtout dans le parc de Komodo, il était malheureusement temps de rentrer sur Lombok où notre vol pour Auckland nous attendait. Si revenir de Komodo a été moins long et pénible que d’y aller, ça n’a quand même pas été une partie de plaisir. En premier nous avons commencé par passer 10h sur un ferry, et on n’a pas eu le même standing qu’à l’aller (pourtant on avait payé le même prix - 60 000 roupies par personne, soit 4€). Cette fois-ci pas de siège inclinable mais des sièges en plastiques qui arrivent à mi-dos (donc impossible de dormir…). Beaucoup de passagers avaient du coup emmené des couvertures pour s’allonger par terre. Le ferry a vite ressemblé à un camp de réfugiés. Il n’y avait pas d’air, c’était une vraie fournaise à l’intérieur. Et pour couronner le tout, comme il n’y avait pas de poubelle, au bout de quelques heures de nombreux déchets se sont amoncelés par terre, peaux de banane, bols de nouilles chinoises, écorces de cacahuètes etc. Un vrai bonheur…. ! Le pire c’est qu’une fois arrivés au port de Sapé, on était loin d’être arrivés. Il nous restait encore 2h de mini-van, qu’on a passé sur le toit car il n’y avait plus de place à l’intérieur. Et si on a bien vu le paysage, on était mal assis et il a vite fait froid. Puis une nuit dans un bus, heureusement plus confort celui-là. On avait une place assise et un siège inclinable. Au petit matin, on a enchaîné avec 2h de ferry, puis 2h de bus jusqu’à Mataharan. Et enfin une heure de bémo (tuk-tuk indonésien) pour atteindre notre destination finale : Kuta-Lombok. Un voyage de 26h qui n’a pas été de tout repos ! A tel point, que je ne sais pas comment, j’ai réussi à me faire une tendinite à la cheville sans tomber. Une tendinite au repos, faut quand même le faire !

Bref, non sans joie, nous avons atterris dans le premier hôtel qu’on a trouvé. On n’avait pas le cœur à comparer les prix pour une fois. Puis nous sommes allés profiter du bord de mer.


De belles plages de sables fins bordent toute la côte sud de Lombok. Il faut juste choisir son intensité de vagues. Le sud de Lombok est en effet mondialement réputé pour les surfeurs. Et ce qui est bien c’est qu’on y trouve des plages de tout niveau, de débutant à expert. Guillaume a ainsi pu tester le surf ! Pour 50 000 roupies (3€), il a pu louer une planche de surf et il s’est lancé. Il a passé beaucoup de temps à attendre la vague, mais il a quand pu se mettre debout 2/3 fois pendant quelques secondes. Pas assez longtemps par contre pour que je puisse immortaliser la scène !


Lombok fut notre dernière étape en Indonésie et en Asie pour le coup. Nous y avons passé deux jours, et malheureusement la dernière journée ne nous a pas laissé un bon souvenir de l’Indonésie. Car nous nous sommes fait voler dans notre chambre d’hôtel pendant qu’on prenait notre petit-déjeuner. Notre chambre étant fermée à clef, le temps du petit-déjeuner (qu’on prenait pour une fois à l’hôtel), nous avions donc laissé notre portefeuille sur la table de nuit et nos papiers avec nos euros et dollars. Techniquement nos papiers, euros et dollars étaient dans notre sac à dos qui était lui, fermé avec un cadenas. Mais cette fermeture n’est pas optimale et facile, si on prend le temps et qu’on fouille, à contourner. Toujours est-il qu’en rentrant du petit-déjeuner on a vu deux personnes de l’hôtel sortir de notre chambre. Vu le standing de l’hôtel, ce n’était pas pour faire le ménage. On leur a donc demandé ce qui se passait. Ils nous ont alors bredouillés qu’ils avaient vu une souris entrer dans notre chambre et qu'ils étaient en train de la chercher. Leur explication nous a tout de suite semblé bizarre. Déjà un des deux hommes semblait particulièrement stressé, comme s’il avait une phobie folle des souris. Et c’était un grand gaillard. De plus, on ne comprenait pas par où la souris avait pu entrer car le seul passage possible était très en hauteur, et on doutait qu’une souris puisse grimper le long d’un mur lisse. Enfin, à part une bombe insecticide, ils n’avaient rien pour attraper la souris. Ils ont même eu le culot de nous dire que la bombe insecticide ça marchait pour tout, même pour les souris. Vraiment bizarre, mais difficile de dire quoi que ce soit. Une fois qu’ils ont été partis, Guillaume a alors vérifié l’argent du portefeuille. Comme c’était notre dernière journée en Indonésie on avait calculé pile poil ce qu’il nous fallait et on savait donc exactement combien on avait. Or il manquait 100 000 roupies (7€). Rien de très grave jusque-là, mais ça signifiait qu’ils avaient été plus là pour voler que pour attraper une souris. Guillaume a alors vérifié la pochette avec nos euros et dollars, et là, elle avait fondu considérablement ! Il nous manquait 100€ et 180$. On savait à coup sûr combien il nous manquait car on avait tout noté. Et comme il nous manquait bizarrement aussi des roupies indonésiennes, on était quasiment sûr à 100% que nos deux loutisques c’était copieusement servis pendant qu’on prenait le petit-déjeuner. Ecœurée, je n’avais qu’une envie, aller leur crier que j’allais pourrir leur hôtel sur internet. Plus diplomate, Guillaume m’a dit que si j’allais les voir, il préférait que ça soit lui qui parle, afin que je ne m’énerve pas trop. On est donc allé d’un pas décidé voir le type de l’hôtel qu’on avait retrouvé dans notre chambre. Guillaume, posément, lui a énoncé que bizarrement de l’argent avait disparu ce matin dans notre chambre. Moi, je me suis contentée de le regarder de travers, avec mon regard de chien méchant. Et étonnamment, le gars n’a ni sourcillé ni cherché à démentir. Il a tout de suite reconnu les faits de peur que les clients autour n’entendent (l’hôtel était complet). Et il nous a tout de suite proposé de tout nous rembourser si on promettait de ne rien dire et de ne pas faire de scandale. Incroyablement, on a donc récupéré tout ce qu’ils nous avaient volé. On n’a pas récupéré l’argent en 5 minutes, mais au bout d’une heure et demi, en les pressant régulièrement sous peine d’aller toquer à toutes les portes, on a fini par récupérer tout ce qu’ils nous avaient volé. Ce qui ne nous a pas empêchés bien sûr de les pourrir ensuite sur internet. On en profite donc pour blacklister sur notre blog l’hôtel Banana à Kuta Lombok : n’y aller pas c’est des voleurs !!!

On a ainsi quitté l’Indonésie avec un goût amer. Entre les tickets de bus compliqués à acheter au bon prix, une croisière qu’on nous a vendu en sachant que ça serait compliqué d’arriver à bon port et ce vol dans notre chambre, ça commençait à faire beaucoup de mauvaises expériences pour un seul pays. Pourtant c’est tellement dommage car la majorité des locaux qu’on a croisés étaient adorables et bienveillants. C’est de plus un pays vraiment magnifique et à part en termes de paysage. Mais, rien n’y fait, j’aurais du mal à cause de ça, à classer l’Indonésie dans la liste des pays où je reviendrais bien.

En tout cas, maintenant direction l’Amérique du Sud ! Un tout autre décor !!! Au passage on va transiter 2 jours à Auckland pour couper la route, puis passer 9 jours en Polynésie Française, car ça serait trop dommage de ne voir ces îles que du ciel. Et enfin passer 5 jours sur l’île de Pâques, cette île si mystique qui sera notre introduction à la culture sud-américaine.

2 août 2015

3 jours à Flores, à quelques pas du parc national de Komodo

Bien que les éléments aient été contre nous, nous sommes quand même arrivés à Labuan Bajo, sur l'île de Flores, la ville touristique la plus proche du parc national de Komodo. A peine arrivés, après avoir posé nos sacs, nous sommes donc partis à la recherche d'un club de plongée. Car on n'avait pas fait tout ce trajet pour rester sur la plage ! On voulait voir ces fameux dragons et surtout des raies Manta !

Après avoir comparé les prix et prestations, nous avons opté, pour une fois, pas pour le club de plongée le moins cher. Après ce voyage tumulteux, on voulait un beau bateau ! Et en partant avec le club de plongée Manta Ray, on n'a pas été déçu ! Pour 7€ de plus par personne, (soit 100€ en tout par pers. pour la journée tout inclus) on a donc embarqué à bord d'un magnifique bateau en bois qui ne ressemblait pas à une coque de noix. De confortables canapés nous attendaient à l'intérieur, ainsi que le petit-déjeuner. A l'étage, sur la partie bain de soleil, des petits matelas et poufs pour qu'on puisse après les plongées se dorer la pilule confortablement. A celà, on rajoute une douche d'eau douce pour se déssaler. Bref le grand grand luxe !! Dès que j'ai mis un pied sur le bateau, je n'ai pas regretté mes 7€ en plus, et surtout quand j'ai vu les autres bateaux de plongée !!!

Après une bonne heure de navigation, sans une vague (!), nous sommes arrivés à notre premier spot de plongée. En chemin, on avait déjà eu le loisir de se régaler des paysages. Le parc national de Komodo, c'est 3 grandes îles principales (Komodo, Rinca et Padar), mais c'est aussi une multiple d'îles volcaniques qui ne ressemblent à rien de ce qu'on avait pu voir avant. Ce sont des minuscules îles très montagneuses, sur lesquelles il y a un petit banc de sable, puis tout de suite une colline. Elles sont toutes pelées mais saupoudrées quand même par çi et là, de quelques arbres touffus. Ces îles m'ont émerveillée et m'ont fait aimer ce parc avant même d'avoir mis la tête sous l'eau.



Et quand on est descendu sous l'eau sur notre premier spot de plongée, c'est tout un autre paysage qui s'est offert à nous. Nous avons fait une plongée dérivante le long d'un récif. En gros, on s'est laissé porter par le courant (qui est souvent fort à Komodo) et on a juste eu à admirer le paysage qui défilait devant nous. Des coraux de toutes les couleurs : vert, rouge, orange etc. Des poissons à profusion de toutes les tailles et couleurs. Le meilleur moment de la plongée fut à la fin, quand on s'est retrouvé au cœur de plusieurs bancs de milliers de tout petit poissons. Ils étaient tous bien sagement en groupe suivant leur espèce et se laissaient bercer par les vagues. C'était magique et à en regretter de ne pas pouvoir respirer sous l'eau sans bouteille.


Une fois sortie de l'eau, après une petite pause snack et une petite heure de bateau à nouveau, nous avons atteint LE spot plongée de la journée : le Manta Point. C'était l'occasion de notre vie d'approcher des raies Manta. Ce spot est en fait une station de nettoyage pour les raies Manta. Elles se posent régulièrement sur ces larges bancs de sable pour se faire nettoyer le dos par des petits poissons nettoyeurs. On n'en voit pas à coup sûr à cet endroit, mais très souvent. La pression montait un peu. Avec tout le chemin qu'on avait parcouru, on méritait d'en voir au moins une !

On s'est donc jeté à l'eau avec empressement et le temps que tout le monde soit prêt à descendre, je n'ai pas pu m'empêcher de regarder en dessous de moi. C'est alors que j'ai aperçu une masse sombre. N'en croyant pas mes yeux, j'y ai regardé à deux fois, puis me suis écriée aussitôt "Raie Manta !! il y a des raies Manta en bas".  Il y avait en fait 4 raies Manta en dessous de nous. La chance du débutant comme on dit. On est descendu en quatrième vitesse sous l'eau et on s'est mis à leur poursuite. Le courant était malheureusement contre nous, et avec nos petites palmes et gambettes, impossible de les rattraper pour bien les observer. On a donc commencé la plongée rassurés en se disant qu'on en avait aperçu, et qu'il nous restait 50 minutes pour avoir la chance de les approcher de plus près. Après 35 minutes de balade sur des bancs de sable, où il n'y avait rien d'autre que des raies Manta à voir, on a commencé à craindre que celles qu'on avait vu en début de plongée soient les seules de la journée. C'était déjà mieux que rien en même temps. Quand tout d'un coup, on a vu un groupe de plongeurs à l'arrêt. On s'est approché d'eux le plus vite possible et là, ça a été le rêve. Une raie Manta était juste à côté et nous a laissé l'observer. Et le meilleur, c'est que ça a été la première d'un long ballet de raies Manta. Le reste de la plongée, on l'a ainsi passé à passer d'une raie Manta et à une autre, en s'approchant toujours plus près. En tout, on a dû voir 8 raies Manta différentes : un pur régal !


Quasiment à court d'air on est remonté à la surface. C'est à nouveau frustrés d'être un humain mais comblés, qu'on est remonté sur le bateau.

Après ces deux belles plongées qui nous ont réconcilié avec le voyage, nous avons profité de notre magnifique bateau pour se relaxer et déjeuner. Les propriétaires du club de plongée tenaient avant un restaurant, c'est pour dire à quel point on s'est régalé aussi le midi.


Et ensuite, après une petite demi-heure de bateau, nous avons accosté sur l'île de Rinca pour voir les fameux dragons de Komodo, la plus grande espèce de lézard vivante. Ces bêtes ancestrales vivent sur deux îles du parc de Komodo (Rinca et Komodo), deux îles toutes d'eux habitées... 1300 habitants vivent sur Rinca et 1700 sur Komodo. Et même si les attaques sont rares, elles ne sont pas nul, surtout quand les varans ont faim et qu'ils sentent des plats en train de mijoter. En tout cas, moi, je n'aurais pour rien au monde passé une seule nuit sur cette île, en compagnie de cette espèce certes mythique et préhistorique, mais profondément antipathique. Déjà rien que d'aspect, les dragons sont répugnants. Mais c'est surtout leur comportement qui est abjecte. Cannibale, ils n'hésitent pas en cas de vache maigre à se manger entre eux et s'attaquent notamment aux jeunes varans sans défense qui représentent 10% de l'alimentation des varans adultes. Infanticide, il arrive que des mères dévorent leurs propres progénitures. Elles ne protègent leur nid que 3 mois sur les 9 que dure l'incubation des œufs. Les œufs qui n'ont pas été mangé avant par d'autres prédateurs éclosent donc sans comité d'accueil ni manuel de survie. Les bébés varans doivent donc se cacher dans les arbres pour se protéger des prédateurs comme de leur mère, car elle ne les reconnaîtra pas et ne verra en eux qu'un moyen de calmer sa faim. Lâche, la technique d'attaque d'un varan est par derrière ou quand leur proie est endormie. Dégoûtant, leur bouche est tellement remplie de bactéries mortelles que pour manger il leur suffit juste de blesser une proie puis d'attendre sagement qu'elle meurt d'une septicémie. On comprend ainsi mieux comment un varan peut manger du buffle. Ces lézards sont gros mais petits face à un buffle. Ils complotent donc en groupe pour réussir à juste le blesser, puis patientent tranquillou au soleil. Patient, un varan peut jeûner pendant deux mois le temps de trouver quelque chose à se mettre sous la dent. Glouton, ils peuvent ingurgiter en un repas jusqu'à 80% de leur poids. Carnivore, un varan mange de tout, tant que c'est de la viande ou du poisson. Frileux, ils n'aiment pas la pluie. C'est d'ailleurs pourquoi les femelles ne gardent leur nid que 3 mois. Vient après la saison des pluies et elles préfèrent se trouver une cachette au sec.

Bref, je n'ai donc clairement pas été séduite par ces bestioles. Elles ne m'ont pas non plus impressionnée car celle qu'on a vue était étrangement docile. Elle devait être bien nourrie par les rangers. Pour le folkore, nos guides étaient quand même munis d'un bâton fourchu. Mais ils ne semblaient pas vraiment sur leur garde pendant la balade. Mais bon, j'ai quand même bien gardé mes distances pour la photo !




Après une si magique journée, nous avons donc été obligé de signer pour une deuxième journée de plongée ! On était à Komodo et le mot "Budget" n'avait donc plus aucun sens. On avait le droit en prime, au retour, à de splendides couchers de soleil sur la mer : ça aurait été un scandale d'aller si loin pour se priver !!



Entre ces deux journées plongées nous avons aussi loué un scooter pour sillonner les alentours où il n'y avait que des locaux. Nous sommes aussi allés sur le quai, le soir, pour manger du poisson grillé. Et le petit plus c'est qu'on a d'abord pu choisir notre poisson sur un étale. Nous, on a opté pour le plus coloré. Un petit gris à points jaunes et il était plus que délicieux !!!

29 juillet 2015

Un long, très long voyage vers Flores et les îles Komodo

C’est après 9 jours passés avec mes parents que nous avons continué notre route de tour du mondiste. L’« objectif » initial était d’aller jusqu'aux îles Komodo. Plus précisément nous voulions aller jusqu’à Labuan Bajo, ville/village à l’extrême ouest de l'île de Flores car c’est le point de départ de toutes les plongées & visites au sein du grandiose parc national de Komodo (notamment célèbre pour ses dragons!). Mais ce ne fut pas une mince affaire d'aller jusqu'à Flores!

Pour commencer, un peu de clarté avec cette petite carte :



Comme on peut le voir, entre Bali et Florès, il y a les îles de Lombok et Sumbawa. Pour atteindre Flores, plusieurs options s'offraient à nous :
  • Y aller en avion depuis Bali - Durée : 1h15, Prix : ~100€ / pers.
  • Y aller en bus & ferry depuis Lombok, en traversant toute l'île de Sumbawa en bus (2 bus et 2 ferry) - Durée : 24h prévu, Prix : 30€ / pers.
  • Y aller en bateau depuis Lombok le temps d'une croisière - Durée : 4 jours, Prix : 120€ / pers. tout inclus.
L'option avion étant un peu trop onéreuse et l'option bus/ferry trop ennuyeuse deux fois de suite (car il ne suffit pas d'y aller à Flores, il faut aussi en revenir !), nous avons donc choisi d'y aller en bateau et au retour de revenir en bus & ferry. 

Le programme de la croisière était sur le papier plutôt sympathique : cascade, lac salé sur une petite île, plage de sable rose, balade avec les dragons de Komodo, snorkeling avec des raies Manta etc. Nous devions donc passer 4 jours en mer ponctués d'activités et 3 nuits sur le bateau. Bien entendu, pas de cabine privée à ce prix là, et un confort plutôt spartiate (pas de douche ni de siège douillet). Mais dans notre dortoir à l'étage, on avait quand même un matelas et un oreiller!

Malgré ce programme magnifique, je n’étais quand même pas autant emballée que Guillaume à l’idée de ces 4 jours. L’impression d’être un peu enfermée sur un bateau, loin d'être tout confort et dans une promiscuité importante, ne m'enchantait guère. 

Après une nuit passée à Bangsal sur l'est de l'île de Lombok, un village portuaire plutôt glauque (et d'autant plus en période de ramadan quand quasiment tous les restaurants sont fermés), nous avons embarqués à 11h. Notre "bateau de croisière" était assez cohérent avec ce à quoi on s'attendait. C'était un bateau en bois d'environ 20 mètres de long et 7 mètres de large. Nous étions 30 touristes à bord, ce qui était un peu plus que le nombre normal, vu que les derniers arrivés n'ont pas eu de place dans le « dortoir » et ont donc dû dormir sur le pont....

Le premier jour, la mer fut un peu houleuse. Les appétits étaient un peu noués. Au programme : navigation et sieste ! Avec la houle, on a été bercés comme des bébés. En même temps, à part regarder le paysage et se faire éclabousser par les vagues, il n'y avait pas grande chose à faire.
A la nuit tombée, après avoir admiré le coucher du soleil en mer, première veillée sur le bateau. L'ambiance était joyeuse et le repas copieux. La houle nous ayant par contre retardé, le capitaine nous a annoncé que nous allions devoir naviguer toute la nuit. A que cela ne tienne, nous on en a que mieux dormi !


Le lendemain, on s'est réveillé près d'une petite île. Au programme chute d'eau et baignade dans de l'eau douce. Mais comme il n'y avait ni ponton ni barque, on a dû rejoindre et quitter l'île à la nage et on n'a donc pas été dessalés bien longtemps. Après une heure de navigation, on a atteint notre 2ème stop de la journée. A nouveau, après une courte nage, on a rejoint la terre ferme pour voir cette fois-ci un lac d’eau salé au milieu d’une île. Rien d'extraordinaire, mais ça faisait du bien de marcher sur la terre ferme. Enfin à part pour moi qui a eu le mal de terre. J'étais toute pimpante sur le bateau, mais après le 2ème stop sur la terre ferme, j'ai eu mal au cœur et la tête qui tourne. J'ai même fait un micro-évanouissement dans les bras de Guillaume. Vu qu'on allait passer plus de temps en mer que sur la terre ferme, valait mieux que j'ai le mal de terre !

Après nos deux sorties de la journée, alors que le capitaine aurait dû reprendre sa route, on nous annonce qu'en raison de la houle, on allait devoir rester sur place le temps que le vent se calme. Un peu déçus de rester immobile, on en profite au moins pour manger sans être trop ballottés. Vers 15h, le capitaine lève l'ancre. Confiants on s'installe à l'avant pour regarder le paysage. Cependant, au bout d'un quart d'heure, dès qu'on n'a plus été protégés par l'île, des vagues trop grandes pour le bateau nous ont assaillis. Après plusieurs éclaboussures et des creux de vague qui nous ont bien retournés, le capitaine a décidé de faire demi-tour. Il valait mieux. On a donc reposé l'ancre près de l'île où nous venions de passer la journée... S'en est suit une nouvelle après-midi de sieste, à défaut de naviguer on a bien dormi. Le soir venu, on a constaté avec déception qu'on n'était pas prêt de lever l'ancre. Le capitaine nous rassure, après dîner, on repartira et on rattrapera le retard pendant la nuit afin d'assurer notre programme de demain.


Le lendemain, 6h. Le bateau ne semble pas avoir bougé de la nuit. On jette un coup d’œil dehors et avec déception à nouveau, on constate qu'on est bien depuis quasiment 24h devant la même île. On est à peine à la moitié du trajet. Va t'on nous supprimer des activités pour tenir le planning ou arriver plus tard que prévu à Flores ?

7h. Nous entendons le vrombissement du moteur. Houpi ! Le bateau repart. Il fait beau mais la houle est toujours de la partie... Après 2h de navigation mouvementée, le bateau se stoppe à nouveau. A nouveau le capitaine nous annonce qu'on va devoir attendre que le vent se calme... A ce rythme là, on va arriver à Flores dans 15 jours ! En plus de l'inconfort de l'attente et de l'incertitude, s'ajoute là l'inconfort des vagues. Si hier nous étions protégés de la houle devant notre île, là, nous sommes prêt de la côte mais pas protégés du tout, ça ballote sévère. Impossible de lire ou même de piquer une tête. A nouveau seule la méditation et la sieste s'offrent à nous. Je commence à m'impatienter. Ça me rappelle des mauvais souvenirs du Népal, quand on est resté coincé pendant une semaine à 3100 d'altitude... En fin d'après-midi, tout le monde est à cran. L'équipage commence à nous annoncer qu'en raison du mauvais temps on mettra plus de temps pour rejoindre Flores, peut-être 6 à 10 jours de plus ! A cette annonce tout le monde craque. Vu les conditions et le bateau, personne ne se voit rester plus que les 4 jours initialement prévu et d'autant plus que certains ont des avions qui les attendent avant. Un vent de mutinerie s'est levé. Plusieurs personnes émettent l'hypothèse de faire demi-tour. On apprend alors par d'autres passagers qu'apparemment plusieurs compagnies avaient annulé leurs croisières en raison du mauvais temps annoncé. Nous on ne s'était pas renseigné, on ne connaît rien à la navigation, on était donc partie confiant. Mais on commence à réaliser qu'on s'est peut-être fait avoir... En tout cas, ces mêmes gens qui semblaient savoir que la météo n'était pas favorable, sont les premiers à se plaindre... Ils n'étaient en fait pas prêt à partir à tout prix apparemment. 

19h. Une fois le repas fini c'est l'heure du vote qui s'annonce. Vote qui déterminera si on fait demi-tour ou pas. On a quand même dû avant négocier avec l'équipage. Pour pouvoir faire demi-tour, nous avons dû en effet leur promettre que personne ne demandera un dédommagement. L'équipage nous assure qu'ils peuvent nous amener à bon port, mais que ça sera juste beaucoup plus long que prévu. Si on fait demi-tour c'est donc parce que nous le souhaitons. Même si on se sent tous floutés, on accepte. On n'a pas vraiment le choix. Le vote commence et sans surprise la majorité des passagers veulent faire demi-tour, nous inclus. La perspective de rester 5 à 6 jours de plus sur une coque de noix à tanguer et méditer ne nous fait pas rêver. Cependant 4 passagers téméraires veulent  toujours aller à Komodo et donc l'équipage nous annonce qu'ils ne peuvent pas faire demi-tour puisque certaines personnes veulent continuer. Gros moment de déception. Après de nouveaux pourparlers, on finit par trouver un compromis qui satisfait tout le monde. Les 4 téméraires seront débarqués demain sur l'île de Sumbawa. De là, ils devraient pouvoir aller en bus jusqu'à l'embarcadère à l'est de l'île où des ferries publics font la navette jusqu'à Flores. Le bateau fera lui ensuite demi-tour jusqu'à Lombok. Là, un doute nous saisi. Est-ce qu'on fait demi-tour ou est-ce qu'on tente d'aller à Flores avec les autres ? Après 3 jours houleux en mer, c'est un peu con de revenir en arrière. Si continuer par la mer nous semblait compliqué à cause des vagues, l'option bus + gros ferry, semble plus sécure. Le seul hic c'est qu'on a entendu dire par d'autres passagers que les ferry ne partaient pas en ce moment à cause de la météo. Là on se redit que si les ferries ne passent pas, notre coque de noix n'était pas prête d'arriver. Perplexe, on finit par s'endormir en choisissant l'option qui nous parait la moins incertaine, ie faire demi-tour et rentrer à Lombok. Dans ce sens là, nous sommes dos aux vagues, et la houle n'est donc normalement plus un problème. Car si on va en bus jusqu'à l'embarcadère et qu'il n'y a pas de ferry, on aura l'air malin.

Le lendemain, 7h. On arrive au port où les 4 téméraires vont être débarqués sur Sumbawa. Notre décision revient nous hanter et on doute de plus belle. Aller dans le parc de Komodo était un de nos rêves (comme le Népal....), n'est-ce pas dommage de capituler si près du but ? Techniquement on a le temps de tenter l'expérience. Un long dilemme nous assaille alors et d'autant plus qu'un couple a changé d'avis et a décidé de rejoindre les 4 téméraires. Apparemment l'équipage a appelé la compagnie de ferry et un ferry serait partie ce matin. La mer semble donc à nouveau praticable. Nous apercevons de plus que ce n'est pas un bus qui va conduire les 6 téméraires à l'embarcadère mais deux 4*4 privés dépêchés par la compagnie. Plutôt confort et pas prise de tête. On n'avait pas compris hier que c'était la compagnie qui se chargerait de ça. On craignait d'être débarqués en mode "débrouillez-vous". Le prix de ce trajet n'est pas excessif et intégralement pris en charge par les frais d'entrée du parc de Komodo que la compagnie va nous rembourser, car comme on n'est pas entrés dans le parc, ils ne vont pas payer ces entrées. C'est par contre le seul remboursement qu'on aura. On doute donc de plus en plus. Et puis à la dernière minute, on craque. On se dit que c'est trop con de baisser les bras maintenant. Qu'on n'aura sûrement jamais l'occasion de revenir à Flores (de Paris c'est 3 vols différents). Contrairement au Népal, cette fois-ci, on ne laissera pas la terre contrecarrer nos plans ! On récupère donc nos affaires en 5 minutes et on saute du bateau ! 

Après 7h de 4*4, où on a découvert les beaux paysages de Sumbaya, on arrive vers 14h au port de Sapé, la ville la plus glauque qu'on est jamais traversée. Elle se résume à une ruelle dévastée et au port. En arrivant on y apprend avec déception qu'en fait aucun ferry n'est partie ce matin... L'équipage a t-il menti ? En tout cas, on n'a plus qu'à trouver un hôtel et attendre demain matin. Rapidement on trouve un hôtel, miteux, mais au moins on a un endroit où dormir. Ça fait plusieurs jours que les ferries ne traversent plus et les gens commencent à s'entasser à Sapé. On y prend avec délectation une douche. Après 3 jours en mer, ça fait plus que du bien ! Et on part à la recherche d'un endroit où manger ainsi qu'à la pêche aux info. On rencontrera alors plusieurs voyageurs qui sont à Sapé depuis plusieurs jours (au maximum 3). On commence à prendre peur car à Sapé il n'y a vraiment rien à faire. Même pas le wifi ! Certains disent que la météo s'améliore et qu'un ferry partira demain. D'autres pensent que ça ne sera pas avant 1 ou 2 jours. Pas très rassurant tout ça. Nous en tout cas on se dit qu'on attend jusqu'à demain matin et que si demain le ferry ne part pas, on fera demi-tour en bus. Au moins on aura tout tenté.


Le lendemain, de bonne heure, nous partons à l'embarcadère. Il n'y a pas grand monde... Après 30 minutes d'attente, l'annonce officielle tombe : pas de ferry aujourd'hui. Nous rentrons donc bredouille à l'hôtel. A nouveau, un débat s'installe. Est-ce qu'on fait demi-tour comme on se l'était dit hier ou est-ce que, vu que la météo semble s'améliorer, on attend une journée de plus ? Faut dire que rester une journée de plus à glander à Sapé ne nous fait pas rêver, surtout après 3 jours en mer et une journée en 4*4. Moi je commence à craquer et à en avoir plus marre. Ça devient un peu trop pénible ce voyage. On fait donc nos sacs et on part attendre le bus qui nous ramènera à Lombok. Cependant alors qu'on attendait le bus depuis seulement 10 minutes, une annonce tombe : un ferry partira demain pour sûr. Il y en aura même 2 pour rattraper le retard. Faut dire qu'il y a pas mal de camions qui se sont entassés sur le parking. Le ferry partira à 4h du matin, mais il faudra venir à 2h pour acheter les billets et embarquer. A cette annonce, on se ravise donc. On ne peut plus faire demi-tour maintenant qu'on sait que les ferries partiront demain. Espérons juste qu'il y aura assez de place pour tout le monde. On retourne donc à l'hôtel que venait tout juste de quitter, sauf qu'entre temps, il était maintenant complet. Notre chambre a été illico réattribuée... Dépités on part à la recherche d'un autre hôtel, qu'on finira par trouver à 15 minutes à pied de la ville et que j'aurais préféré ne jamais trouver, car c'est le plus miteux qu'on est fait à date. Un ménage fait devant nous en 2 minutes et les draps n'ont pas été changés. Une chambre infectée de moustiques, car va savoir pourquoi il y avait une énorme flaque d'eau sous le lit. Une salle de bain dégueulasse sans douche, truffée de cafards à la nuit tombée. Des murs moisis. Bref, heureusement que la nuit allait être courte. Le soir venu, après une nouvelle journée de glandouille dans notre chambre d'hôtel miteuse, on s'est redit que ça avait intérêt d'envoyer les Komodo, car on se sera donner plus que du mal pour y aller !!!

Le Jour-J, à 1h45 du matin. On part de notre hôtel d'un pas pressé, car ya pas moyen qu'on le rate celui-là. Quand on arrive à l'embarcadère, un calme étrangement plat nous fait craindre le pire. Mais arrivés au guichet, le vendeur nous tend des billets et nous indique le ferry. On comprend alors qu'il y a eu en fait 3 ferries et qu'on embarque dans le dernier. Tous les autres ont dû venir encore plus tôt et embarquer avant. On a appris par la suite que dans l'après-midi, une nouvelle annonce avait avancé l'embarquement. Mais comme nous on était dans notre hôtel miteux à 15 minutes de la ville, on n'en a rien su. Enfin peu importe. On était enfin à bord et dans un ferry beaucoup plus confortable qu'on ne le pensait (les sièges étaient inclinables !). Un cafard est quand même monté sur mon pied, mais bon, c'était un reminder de la nuit passée ! 

Le Jour-J, 12h. Après 8h de traversée, nous arrivons enfin à Flores. Les paysages qui nous entourent sont notre première récompense. Ils nous sont inédits et magnifiques. Ils sont surtout un bon présage des 3 jours qu'on compte passer ici.