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16 juin 2015

La vidéo du Cambodge est enfin disponible !!!!

Deux mois après (!!) - c'est qu'on est overbooké aussi !!! - nous publions notre vidéo sur notre séjour au Cambodge !!

Vous trouverez cette vidéo (ainsi que toutes les autres) sur la page Vidéo du blog ou en cliquant sur la photo ci-après !!

Espérons que l'attente vaille le coup !! : )


14 avril 2015

Cambodge => Thaïlande du sud : une expédition de 25h05 !!!!

Après 21 jours passés au Cambodge, il était temps pour nous de voguer vers une nouvelle destination, mais sans quitter la mer pour autant ! Nous venions de passer 3 jours sur une île paradisiaque (Koh Rong Saloem), mais nous n'étions pas rassasiés de plages de sable fin et nous nous sommes donc mis en route pour les îles du sud de la Thaïlande. Par contre ce fut pas la porte à côté !

Pour cela, depuis Sihanoukville, nous avons d'abord fait une escale pour une nuit à Koh Kong, une ville frontalière avec la Thaïlande. Nous y avons profité pour visiter des zones de mangroves et quelques petits villages flottant. Mais cette étape nous a surtout permis de couper la route et de me donner le temps de me remettre d'une petite tourista (la 1ère du séjour, fallait bien que ça arrive un jour), car c'était un long voyage qui nous attendait le lendemain.

Depuis Koh Kong (Cambodge), nous sommes en effet allés directement à Ton Sai, un petit village au sud de Krabi (Thaïlande - Côte Ouest) qui est tellement enclavé qu'on ne peut l'atteindre que par la mer. Enfin directement, le plus directement possible mais nous avons mis quand même 25h et 5 minutes et nous avons dû remonter jusqu'à Bangkok !

En tout nous avons parcouru d'un trait 1 260 km et utilisé 8 moyens de transport différents : moto ; mini-van ; 2 bus (dont un de nuit) ; métro ; tuk-tuk ; songtheos (= tuk-tuk collectif) ; bateau.

Nous sommes ainsi partis de Koh Kong à 9h du matin en prenant d'abord une moto taxi jusqu'au poste de frontière qui était à une quinzaine de kilomètres. Je dis bien "une" car oui nous étions bien 3 avec nos deux gros sacs sur un scooter ! Et pour une quinzaine de kilomètres ça passe !
Nous y avons passé le poste de frontière comme des fleurs et sans avoir à payer de pots-de-vin (ça change de la frontière Laos Cambodge - cf article "Des 4000 îles à Siem Reap - le trajet de l'arnaque" ). On avait entendu dire que ce poste était plus simple et facile que celui au niveau de Siem Reap, et ça a été le plus rapide depuis qu'on ait eu en Asie du sud-est. On se serait cru en Europe !
Par ailleurs, le passage en Thaïlande par une frontière terrestre ne donne le droit en général qu'à 15 jours de visa. En passant par cette frontière, c'est 30 jours que nous avons eu (bizarre quand même ces différences de droit...).

Du poste de frontière nous avons pris un mini-van en direction de Trat, puis de là un bus jusqu'à Bangkok. Nous sommes arrivés vers 17h à Bangkok mais à la station de bus qui est à l'est de la ville, or nous devions aller à la station de bus qui est à l'ouest et pour faire ce transfert il nous fallu plus d'une heure tellement ces stations de bus sont éloignées et pas facile d'accès (suivant votre destination, il faut vous rendre dans une station de bus bien particulière). Nous avons donc d'abord pris le métro pour se rapprocher le plus possible (le métro est loin d'aller partout dans Bangkok, il n'y a que quelques lignes) puis nous avons pris un tuk-tuk (des bus y vont, mais on n'avait pas les bons renseignements ni le temps, car le dernier bus vers le sud partait à 20h et on n'était pas sûr d'avoir des places). Nous sommes ainsi arrivés vers 19h à la station de bus Ouest et à 19h45 nous embarquions à bord d'un bus de nuit en direction de Krabi. Sur les coups de 7h du matin nous sommes arrivés à Krabi et nous avons pris un tuk-tuk collectif en direction du port. Puis au port nous avons embarqué à 8h30 sur une petite barque à moteur direction la plage de Ton Sai que nous avons atteint à 9h05 !!!! Et nous n'avons pas été déçu de la vue !!! Nous avons débarqué sur une plage d'une centaine de mètres, bordée de falaises abruptes, laissant apercevoir dans son dos des palmiers et quelques guesthouses et resorts.


Après 25h05 de voyage ça nous a fait du bien de poser nos valises et d'aller piquer une tête ! Mais cette expédition s'est écoulée étonnamment vite. Sûrement car nous avons changé souvent de moyens de transport sans trop attendre à chaque fois, ce qui a bien coupé le trajet ainsi que sa monotonie !!!

Détail & coût (pour 2 personnes) de notre expédition vers la Thaïlande du Sud
  1. Koh Kong => Poste de Frontière (15 km) - Moto-Taxi : 4,5$ à deux (soit grosso modo 4,5€.... vu le taux de change à date....)
  2. Poste de Frontière => Trat (140 km) - Mini-Van : 240 THB (soit 7€ à deux)
  3. Trat => Bangkok (321 km) - Bus : 508 THB (soit 14,5€ à deux)
  4. Bangkok East Bus Station => Bangkok Weast Bus Station (15 km) - Métro : 74 THB + Tuk-Tuk : 270 THB, (soit 10€ à deux)
  5. Bangkok => Krabi (780 km) - Bus de nuit : 1 228 THB, (soit 35€ à deux)
Coût total à deux pour 1 260 km : 71 €, soit 0,06€ / km à deux.... ça laisse rêveur quand on compare aux prix de la SNCF !!!


8 avril 2015

Escale sur l'île de Koh Rong Saloem : le paradis existe bien !!!!

Après avoir repris nos esprits à Kampot, nous sommes partis en direction de Sihanoukville et surtout de ses îles ! Sihanoukville est une ville très touristique qui ne présentait aucun intérêt à nos yeux (on y fait surtout la bringue). Nous n'y sommes donc allés que pour prendre un bateau en direction de Koh Rong Saloem, une île de la zone réputée être paisible et à l'abris des touristes ! Et nous n'avons pas regretté.

A l'allée, notre bateau a en effet fait un stop sur l'île de Koh Rong et quand nous avons vu que 80% des passagers y descendaient, on s'est dit qu'on avait sûrement choisi la bonne île ! De plus, l'île de Koh Rong est réputée pour être festive et "happy" et c'est bien ce qu'on a cru voir ' Les passagers qui sont descendus n'étaient pas tous très frais....!!!

Nous nous recherchions un coin tranquille, préservé, une grande plage de sable blanc, une mer d'huile et la sensation d'être seul au monde. Et dès que le bateau nous a déposé au centre de plongée Eco Sea Dive, qui est au nord de l'île de Koh Rong Saloem, on a tout de suite su qu'on l'avait trouvé notre petit coin de paradis.


Nous avons logé dans ce centre de plongée, qui fait hôtel et restaurant (que vous soyez plongeur ou non), et qui a surtout l'immense avantage d'avoir une grande plage privée. Sur la plage où nous avons débarquée, il n'y a que le centre de plongée et ses clients, et pour trouver du monde, il faut marcher 20 minutes à pied le long de la mer pour atteindre un petit village de pêcheurs (M' Pay Bay Village), où il y a aussi quelques hôtels.


Autant dire donc qu'on s'est senti libre et tranquille comme jamais, et d'autant plus qu'on n'était qu'une quinzaine de touristes au centre de plongée à se partager cette baie de sable fin et les transats ! Nul besoin de réserver sa place !

A Eco Sea Dive, nous avons choisi l'option bagpacker (à 5$ la nuit par personne en dortoir). Le centre de plongée a aussi des bungalow, mais vue sur mer c'est 35$ par nuit (une fortune pour les voyageurs au long terme !). En tout cas nous recommandons plus que vivement cet endroit qui est idyllique tellement tranquille !! Nous sommes allés nous balader dans le petit village de pêcheurs à côté, et même s'il n'est pas très grand, on n'a vraiment pas regretté notre plage privée, bien au contraire !!!

Une mer d'huile nous a ainsi fait face pendant 3 jours ! Nous y avons bullé, fait la planche à volonté (vu qu'il n'y avait aucune vague et que l'eau était super chaude), fait quelques footing (mais rapides, car si la plage est grande, pas plus de 2 km et autour les chemins ne sont pas praticable) et tout simplement profité de la vie qui peut être scandaleusement si douce. Nous avons aussi plongé et si la visibilité n'était pas terrible (beaucoup de particules dans l'eau), nous avons vu beaucoup de poissons et des beaux. Et à 30$ la plongée ça aurait dommage de passer à côté ! En tout cas, on s'est bien ressourcé. Et pour notre première baignade en mer depuis le début du séjour, on a fait plutôt fort côté cadre ! Va falloir veiller à garder le même standing pour ne pas être déçu !


Cette escale a été vraiment magique mais (rien n'est jamais parfait !) un rêve à court terme, car un peu trop enclavée pour nous. Autour de notre plage privée, à part le village de pêcheurs et un autre petit village à 30 minutes de marche (pas du tout touristique pour le coup), il n'y a pas d'autres chemins de randonnée à travers la jungle, et pour faire du hors sentier, faut s'y connaître ! Au bout de 3 jours sur notre petit bout d'île, nous avons donc eu envie et besoin d'espace. Mais on s'est quand même dit en partant que ça allait être compliqué de retrouver un endroit aussi Robinson Crusoé !

Informations pratiques :
    - Pour réserver un lit en dortoir à Eco Sea Dive vous pouvez leur envoyer un email (sur le site booking vous ne pouvez réserver que les bungalow). Ils ont une boutique à Sihanoukville, où vous pourrez acheter vos billets pour le bateau (20$ par personne) et être sûr déposé au bon endroit. Ils proposent aussi des package tout inclus si vous souhaitez faire au moins deux plongées.
     - Une fois sur l'île de Koh Rong Saloem, il n'est pas possible à pied d'aller du Nord au Centre de l'île (où il y aussi des hôtels), il n'y a pas de chemin. Il faut donc savoir avant de prendre vos billets de bateau où vous voulez aller et être sûr que votre bateau s'arrête où vous souhaitez, car ils ne font pas tous les même stop.
      - Sur notre plage privée, nous n'avons pas vu une seule puce de sable ! J'avais pu lire sur des blogs que dans les environs, certaines plages en étaient truffées. A mon grand bonheur, pas celle nous nous étions !
        - Sur l'île, en tout cas au Nord, il n'y a pas Internet, pas de distributeur, pas de boutique, et de l'électricité que entre 17h et 6h du matin et c'est encore mieux comme ça !

6 avril 2015

En direction de la mer : 1ère escale à Kampot

Après avoir quitté, non sans quelques remords, les enfants de CPOC (cf article "Une semaine dans une école au Cambodge"), nous avons retrouvé notre rythme de bagpacker et au début ça a été un peu déroutant. Nous avons retrouvé le confort d'une chambre d'hôtel pour nous deux, de l'eau courante et d'un ventilo. Et on s'est redit à quel point on avait de la chance, notamment celle de pouvoir voyager pendant un an.

Nous sommes partis de l'école en direction de la mer (que nous n'avions pas encore vu depuis notre départ) et nous nous sommes arrêtés à Kampot, une petite ville paisible, mondialement connue pour son poivre (les meilleurs restaurants auraient sur leur table du poivre de Kampot). Et Kampot s'est avéré la transition qu'il nous fallait pour reprendre nos marques en douceur. Bien qu'il n'y ait pas énormément de choses à voir, nous y sommes restés 3 jours ; nous y avons pris notre temps. Nous ne nous y sommes pas baignés, car le temps était nuageux et la plage pas très belle. A la place, nous avons admiré les couchers du soleil, notamment le long des marais salants qui encerclent la ville. Et nous avons loué un scooter pour sillonner les environs : le parc du Bokor, Kep et ses crabes, les plantations de poivre et surtout la campagne qui est ce qu'il y avait de plus beau à voir pour nous. Ses chemins de terre rouge, ses champs de palmiers, ses collines. 




J'ai moins de chose à écrire sur ces trois jours passés, car il n'y a pas à dire, ils étaient plus fades et encore noyés de questions sur notre monde...

3 avril 2015

Une semaine dans une école au Cambodge

Après des semaines de visite géniales mais passives, nous avons eu envie de nous poser quelque part et d'essayer de faire quelque chose. Nous sommes donc arrivés à CPOC (Center for poor and orphelin children) une association tenue par un cambodgien Mr Kim dont le but est de donner des cours de soutien scolaire gratuitement à tous les enfants qui le souhaitent et d'organiser des activités pour eux (cours de musique, sport etc.). Il y a deux professeurs à temps plein payés par l'association (un d'anglais et un d'informatique), et les bénévoles\volontaires donnent un coup de main pour la gestion et rénovation du centre, l'organisation d'activité pour les enfants (cours de musique, sport, sortie à la mer etc.) et aussi un coup de main en anglais (le cours du matin est géré par les volontaires). Ici en faite le terme de volontaire à tout son sens car nous sommes libre de mettre en place toutes les activités que nous souhaitons (tant que M. Kim est d'accord) et nous sommes entièrement libre et maître de notre degré d'implication (ce qui peut être un peu déroutant surtout les premiers jours).

 

L'association héberge aussi une dizaine d'enfants orphelins ou ayant des situations familiales compliquées. Ces enfants, qui ont entre 10 et 14 ans, sont tous bluffant par leur débrouillardise, gentillesse, joie de vivre & envie d'apprendre. C'est un régale pour tout professeur ici tant ils sont motivés et assidus (et cela même le samedi et le dimanche !).

Au centre, le nombre de bénévoles varie énormément ainsi que la durée de leur séjour. Quand nous étions au centre, nous étions en moyenne 15 bénévoles, ce qui est beaucoup mais pas forcément trop car il y a moyen d'avoir beaucoup de choses à faire. Cela permet aussi en cours de suivre mieux les élèves car ils sont tous mélangés et n'ont pas le même niveau, du coup 3 bénévoles pour 15 enfants ce n'est pas de trop. Cela fait mine de rien une présence pour les enfants et une ouverture sur le monde. Et ça permet aussi de couvrir une partie des frais de centre (chaque bénévole contribuant à hauteur de 2$ par jour). Si en saison sèche il y a du monde, le centre est assez vide en saison humide.... Nous étions tous logés et nourris par le centre, et avec les enfants ça faisait une belle tablée !


Nous sommes nous restés une semaine. C'était notre première immersion dans une association de ce genre et à plein temps, et c'est bien d'y aller en douceur car ce n'est pas forcément évident. Certains volontaires restent plus longtemps (jusqu'à plusieurs mois) et c'est beaucoup mieux pour les enfants, car d'une part ça prend du temps pour créer des liens avec eux et d'autre part, c'est compliqué pour eux de voir des gens arriver et partir tout le temps. Et pour nous, ça a été rassurant, et moins culpabilisant, de savoir que quelques bénévoles sont des piliers pendant quelques temps.

Pendant notre séjour nous avons essayé d'aider comme nous pouvions : nous avons donné un coup de main en cours ; bricolé avec les moyens et outils du bord (il fallait faire de la récup !) ; aidé à la construction d'une nouvelle école sur un autre terrain et joué avec les enfants.


Ci-dessous des photos de nos "constructions" /réparations/améliorations essentiellement en bambou :
  • banc remis en état de s’asseoir
  • protection du fil barbelé à auteur d'homme dans le passage pour aller au champs
  • remise en état de l'étagère à chaussures
  • ajout d'un poids sur le seau du puis afin de faciliter le remplissage du seau
  • fabrication d'une porte pour le future poulailler
  • fabrication d'un étendoir à linge à 4 fils (afin d'éviter que les enfants ne répandent leurs linges sur du fil barbelé)
  • fabrication d'un étagère pour les enfants, afin qu'ils puissent y ranger le peu de vêtements qu'ils ont
  • fabrication d'un jeu de dominos


Guillaume s'est en tout cas bien amusé avec le bambou. Celui ci étant un matériau robuste, peu cher et facile à utiliser.

Outre la motivation et l'envie d'apprendre des enfants, ce qui nous a marqué aussi c'est à quel point on peut en effet faire des choses avec peu de moyens. Nous avons participé à l'organisation d'une kermesse pour les enfants du village et les autres bénévoles m'ont bluffé avec leurs idées : il y avait un jeu de chamboule-tout fait de canettes ; un twister homemade qui rivalisait parfaitement avec un vrai ; une course en sac ; des relais avec des ballons de baudruche etc. Moi j'ai repris l'idée d'un jeu organisé lors d'un séminaire par mon ancienne entreprise : des skis en bois, chaque enfant avait un pied sur chaque morceau de bois et ils devaient synchroniser leur mouvement pour pouvoir avancer. Moins on a, plus on semble créatif (cf vidéo ci-dessous).



Nous avons aussi repris conscience à quel point nous sommes chanceux en France. Certes tout n'est pas parfait, mais nous avons un confort de vie incroyable et des lois qui nous protègent, notamment au travail. L'association était en effet située à une trentaine de kilomètres de Phnom Penh, le long de la route principale en direction du sud. Tous les jours nous avons ainsi vu de nos yeux des "bétaillères" humaines défiler. Ces camions acheminent dès 6h30 le matin des centaines et centaines d'ouvriers en direction des usines au alentour de Phnom Penh, où ils travailleraient 10h/12h par jour, 6 jours sur 7, pour 150$ par mois ou moins, et même si la vie est moins cher qu'en France, c'est très peu (il est facile de trouver des informations avec google - voici un article récent sur le sujet : cliquer ici). Ce qui m'a fait mal au cœur, c'est aussi de réaliser que ces gens, travaillaient peut-être dans des usines qui fabriquent des objets de mon quotidien (vêtements, chaussures, électroménager etc.). En consommant et en cherchant toujours à acheter moins cher, ne participerais-je pas à ce système ? Et même si je n'ai pas de solution à apporter, ça m'a perturbé de voir de mes yeux ces inégalités de vie que, certes, je n'ai pas découvertes, mais que j'oubliais au quotidien. C'est tellement plus simple de détourner le regard et de consommer sans chercher à savoir d'où ça vient.... C'est ce que j'ai toujours fait en France. Réussirais-je à consommer plus éthiquement à mon retour ? J'espère en tout cas au moins garder en mémoire à quel point je suis bien lotie, arrêter de me gâcher la vie pour des bêtises, de me plaindre trop vite et me souvenir que ce n'est pas en consommant, en ayant une garde de robe bien remplie, que je me sentirais accomplie et heureuse.

NB : Si vous avez un peu de temps, vous pouvez aussi regarder cette "série-reportage" que nous avons trouvé sur le net (au moins le 4ème et 5ème épisode). Elles parlent des conditions de vie des travailleurs dans l'industrie du textile et même si nous n'avons pas visité d'usine, de nombreuses images nous ont parlé. Par contre, ne la regardez pas si vous comptiez aller faire les soldes.... Cliquer ici.

 

Car cette expérience m'a en effet aussi appris, qu'on peut bien vivre sans tout le confort auquel on est habitué. C'est en fait ce qu'on fait et avec qui on est qui compte le plus. J'avoue qu'en arrivant au centre et en voyant qu'il fallait aller chercher l'eau au puits, qu'il n'y avait pas vraiment de douche (et le plus souvent au final nous sommes allés nous laver dans le lac), qu'on n'avait pas de ventilo (et il fait chaud la nuit), qu'on dormait pas loin des cochons (ça sent fort en plus de faire du bruit) etc., j'ai un peu tiré la langue. En même temps que je faisais ma fine bouche, je me suis sentie terriblement coupable car cette vie c'est le quotidien de ces enfants et de beaucoup de gens ici. Et puis, au fur et à mesure que les jours passaient, je me suis habituée à l'odeur des cochons et sentie vraiment bien, car tout autour de moi était paisible. Les enfants étaient des crèmes d'enfants, et nous rendaient au centuple toutes les petites actions qu'on pouvait faire pour eux. Les autres volontaires étaient tous des gens géniaux dont il était agréable de partager le quotidien. On mangeait certes tous les jours du riz, mais bien cuit, à notre faim et agrémenté de légumes de saison. Il y avait donc tout en faite, pour se sentir bien. Et si des biens matériels auraient pu améliorer nos conditions de vie, ils n'auraient pas constituer l'essence même de ce qui nous faisait nous sentir bien.


C'était la première fois pour nous deux, que nous participions à un projet associatif de ce genre, et si une semaine c'est, nous en avons conscience, trop peu pour les enfants, c'est néanmoins déjà un bon début. Car l'idée de s'investir à fond auprès des enfants et de devoir les quitter n'est pas facile à appréhender. Nous avons été présent comme nous pouvions mais nous ne nous sommes pas rendus indispensable, car je ne me sentais pas le courage de devenir un pilier momentanée. Cette expérience nous a en tout cas ouvert les yeux sur beaucoup de choses et de possibilités à notre retour. C'est difficile à expliquer, mais je me sens un peu différente aujourd'hui : plus ouverte et flexible. ça m'a donné une petite claque et c'est ce que je pense j'étais aussi venu chercher.

En tout cas cette expérience dans une école avait d'autant plus de sens que ce qui nous a frappé depuis qu'on est au Cambodge, c'est l'envie d'apprendre des Cambodgiens et notamment l'anglais. Dès leur plus jeune âge, les enfants des villes comme des villages savent dire "Hello" ; "What is your name ?" ; "Where do you come from ?". Les cambodgiens ont bien conscience que le massacre des élites intellectuels par Pol Pot entrave le développement actuel de leur pays et ils ont à cœur d'apprendre pour rattraper le temps perdu. Ce pays, saccagé et privé d'éducation sous Pol Pot, prend aujourd'hui sa revanche et a une soif d'apprendre qu'on ne peut qu'avoir envie d'aider.

Ci-dessous la vidéo qu'un des volontaires de l'association a réalisé lors à la kermesse organisée par l'association pour les enfants du village, à laquelle nous avons participé.

NB : Si vous voulez soutenir cette association, vous pouvez faire un don en ligne, dans la rubrique "Donation" du site de l'association. Vous aurez au moins la garantie que votre argent va bien intégralement au profit des enfants et de l'association.



31 mars 2015

Phnom Penh : émouvant rappel de l'horreur sous les Kherms Rouge

Après Siem Reap, nous sommes partis en direction de Phnom Penh, la capitale du Cambodge, à bord d'un confortable VIP bus pour 5$ par personne (wifi et clim inclus !). On l'a encore eu un peu mauvaise d'avoir payé 35$ pour aller de Don Det (Laos) à Siem Reap (cf article - Des 4000 îles (Laos) à Siem Reap (Cambogde) : le trajet de l’arnaque !) - les distances sur ces deux trajets étant grosso modo équivalentes.

Contrairement à la capitale du Laos (Vientiane), Phnom Penh est une ville énorme et sur certains points modernes (voitures de luxe, un magasin Rolls Royce, centre commercial à l'européenne, supermarchés climatisés où on trouve de nombreuses marques occidentales etc.). Certes ces exemples de modernité ne composent qu'une toute petite partie de Phnom Penh, et ils sont réservés à une élite, mais ils existent quand même et ça nous a fait bizarre après le Laos, de retrouver ces signes de modernité à l'occidentale.

Les marchés, les vendeurs de rue tirant leur cuisine ambulante, la circulation déraisonnée (il y a étonnamment peu de feux de circulation et encore moins de passage piéton) nous ont cependant rappelé rapidement qu'on n'était pas à la maison ! Phnom Penh c'est aussi une ville qui grouille de vie et de gens du levée au couchée du soleil, et on a eu dû mal à imaginer qu'il y a tout juste 35 ans, elle retrouvait la vie après 4 années d'abandon.

Pendant la période des Kherms Rouge (1975-1979), Phnom Penh avait en effet été vidé de tous ses habitants : tous les cambodgiens étant réquisitionnés pour assouvir le projet utopique de Pol Pot de faire du Cambodge une nation intégralement autosuffisante et égalitaire. Il fallait donc remplir les campagnes pour être en mesure de produire assez de riz pour tout le monde, et peu importe que vous sachiez ou non cultiver la terre ou construire des digues. Tout le monde devait exécuter les ordres des Kherms rouge et travailler jusqu'à l'épuisement pour quelques grains de riz bouillis. Les écoles ainsi que les hôpitaux ont aussi été fermées. La propriété privée a été abolie. La religion interdite. Tous les cambodgiens éduqués ou ayant des signes extérieurs de richesse trop prononcés emprisonnés. Le pays tout entier a été mis à sac par Pol Pot, qui croyait être en mesure de reconstruire une nation à 100% indépendante. A Phnom Penh, nous avons été transporté à cette époque atroce et horriblement récente, en visitant le musée du S21 (Tuol Sleng) et un des camps d'exécution établis sous la dictature de Pol Pot (Choeung Ek). Ces deux visites nous ont marqué car nous étions sur les lieux mêmes où toutes ces atrocités ont été commises et elles ont mis en lumière ce que nous avions pu apprendre, peut-être trop brièvement, durant nos études. 

Le musée du S21 a été établi dans une des 190 anciennes prisons de l'époque des Kherms rouge où tous les "traîtres" supposés étaient entassés sans jugement ni preuve. C'était à la base une école. 20 000 personnes y ont été détenues, 7 seulement en sont officiellement ressorties vivant. Nous avons ainsi parcourus, la gorge nouée, les anciennes salles de classe transformées en salle de torture et cellules d'un mètre carrée. On y a été émus, aux larmes pour ma part, par les centaines et centaines de visage de prisonniers qui y sont maintenant placardés, chaque prisonnier ayant été soigneusement photographié à son arrivée. Nous avons également traversé l'ancienne cours d'école, où les Kherms rouge avaient installé, à l'endroit même où avant des enfants montaient à la corde, une poulie où ils suspendaient par les pieds les prisonniers jusqu'à ce qu'ils perdent connaissance. Ils les réveillaient par la suite en leur plongeant la tête dans des seaux de purin et recommençaient leur interrogatoire interminable. Tout prisonnier était torturé et brutalisé jusqu'à ce qu'il avoue son "crime" envers la nation. La plupart des prisonniers ne savaient pas pourquoi ils avaient été arrêtés, une simple dénonciation ou suspicion suffisait à être la raison de leur arrestation, à la nuit tombée, pour qu'il n'y ait pas de témoin. Après avoir craqué sous la torture et avoué ce que les Kherms rouge voulaient entendre, les prisonniers étaient détenus dans des conditions inhumaines : insalubrité, interdiction de parler et de faire quoi que ce soit sans autorisation etc. Ceux qui ne mourraient pas à cause de ces mauvais traitements, finissaient par être conduits dans un camp d’exécution. Plus les années passaient, plus la paranoïa de Pol Pot augmentait et plus les prisons se sont remplies de traîtres éventuels, dont des Kherms rouge aussi. Il fallait donc faire de la place.... D'où l'établissement secrètement et un peu partout dans le pays de ces camps d'exécution. Ils y emmenaient par camion, la nuit, des prisonniers à qui ils avaient bandé les yeux et fait espérer de meilleurs conditions de détention. A la place ils les emmenaient au bord d'une fausse commune où ils les massacraient avec les moyens du bord (hache, pic, branche de palmier dont la tranche est acérée comme une lame de rasoir), car les balles étaient trop cher. 

Nous avons foulé le sol d'un des principaux camps d'exécution qui avait été établi (Choeung Ek), vu les fausses communes, l'arbre contre lequel les Kherms rouge éclataient la tête des enfants. Ils avaient en effet pour principe de tuer toute la famille de tout accusé d'après le principe que "si on ne veut pas que la mauvaise herbe repousse, il faut arracher toutes les racines". Nous avons vu aussi les morceaux de tissus et d'os qui sont recrachés chaque mois par le sol, comme si les blessures de cette barbarie étaient encore béantes. Et nous n'avons eu cesse de nous demander : "mais comment toutes ces horreurs ont-elles été possible ?" Ce camp d'exécution est à quelques kilomètres de Phnom Penh et c'est aujourd'hui un des principaux lieu de commémoration de ce génocide. 


En 4 ans, autour de 1,7 millions de personnes périrent du fait des exécutions, de la torture, du travail forcé, des épidémies ou de la famine, ce qui représentait à l'époque plus de 20% de la population. C'est parmi les plus grands génocides* et on se demande comment un peuple a pu ainsi s'auto-massacrer en si peu de temps et si cruellement.

On peut aussi s'étonner du temps qu'il a fallu pour que ces crimes commis par les Kherms rouge soient reconnus et dénoncés par la communauté internationale. En 1979, en pleine guerre froide, le régime de Pol Pot avait en effet été renversé par le Vietnam, alors ennemis des Etats-Unis. Jusqu'en 1998, les Kherms rouge en exil dans la jungle ont ainsi continué à semer la terreur au Cambodge, avec le soutien notamment des Etats-Unis (qui auraient entre 1980 et 1986 soutenus financièrement les Kherms rouge à hauteur de 84,5 millions de dollars). Les Nations Unies également ont longtemps continué à reconnaître la légitimité des Kherms rouge et à condamner "l'invasion vietnamienne" de 1979. Ce n'est qu'en 1994 que le parti de Pol Pot a été décrété hors-la-loi et qu'en 2003 qu'un tribunal spécial, destiné à juger les crimes contre l'humanité commis par les Kherms rouge, a été institué. Seuls quelques dirigeants à date ont été condamnés et depuis seulement quelques années.

*D'après certaines sources le terme de génocide ne serait pas correct, la définition propre d'un génocide étant « des actes commis avec l'intention de détruire, en totalité ou en partie, un groupe racial, ethnique ou religieux ». Certes au Cambodge, ce n'était ni une race, ni une ethnie, ni une religion qui était visé, mais tous les "traîtres" potentiels d'après la folie et paranoïa de Pol Pot. Mais personnellement, je trouve ces questionnements sémantiques une perte de temps inutile et grave car ils ont retardé les procès en cours. Ne vaudrait t-il pas mieux tout simplement mettre à jour la définition du terme de génocide - la folie et l'horreur dont l'être humain est capable étant malheureusement insondable - et avancer ?

29 mars 2015

Trois jours à vélo parmi les temples d'Angkor

Notre premier stop au Cambodge n'a pas été le moins touristique ni le moins économique ! Nous sommes allés directement à Siem Reap, la ville des temples d'Angkor, qui attire plus d'un million de visiteurs par an (inutile de dire que c'est la principale attraction du Cambodge). Nous avions eu un premier aperçu des temples anciens en Thaïlande, à Sukhothaï, mais si nous avions, là-bas, tout vu en un jour, à Siem Reap, même en 3 jours nous n'en avons pas fait le tour ! Nous avons choisi l'option d'un pass de 3 jours (à 40$ par personne) car le pass 1 jour (à 20$ par personne) n'aurait pas été suffisant vu le nombre de temples et le pass 7 jours (à 60$ par personne) aurait été un peu lourd pour nous qui ne sommes ni expert en archéologie ni en histoire.


Pour sillonner à notre rythme ce site archéologique mythique, nous avons opté pour des vélos - la solution la plus économique (1$ par jour par personne) et aussi la plus libre, car nous pouvions nous arrêter où bon nous semblait quand nous voulions. Certes aux périodes les plus chaudes, nous pouvions regarder un peu avec envie les touristes en tuk-tuk, mais nous avons mérité nos points de vue au moins et pu découvrir des routes plus tranquille à travers des rizières d'un vert tendre. Entre deux bains de foule dans les temples, c'était reposant d'arpenter ces routes paisibles.


Nous avons ciblé les principaux temples pour avoir un bon aperçu de cette ancienne capitale mythique sans en être écœuré.
Le premier jour, nous avons visité les temples les plus anciens (Rolos temple - IXè siècle), qui sont un peu en dehors de la cité principale (à une quinzaine de kilomètres de Siem Reap) et attendu le couchée du soleil au pied des temples. Le lendemain, nous nous sommes levés avant le chant des coqs (à 5h) et nous sommes allés à la frontale, et à vélo toujours, au pied du plus mythique des temples du site, Angkor Vat qui est aussi le plus vaste monument religieux au monde et le temple le plus sophistiqué de la cité, afin d'y voir le levée du soleil. Inutile de dire que nous n'étions pas les seuls à attendre ce matin là et nous avons attendu d'autant plus longtemps que les nuages aussi étaient malheureusement de la partie. Nous avons donc vraiment préféré les couleurs chaudes de fin d'après-midi qui rougissaient les pierres des temples la veille au soir. Le troisième jour nous avons visité les temples d'Angkor Thom ainsi que les temples au alentour. 


Parmi tous ces temples nous avons eu deux coups de cœur et ce ne fut pas Angkor Vat, même s'il est certes majestueux par sa grandeur. Ce fut le temple du Bayon et le temple Ta Prohm. Le temple du Bayon est fascinant par ses tours à visage à foison, où que vous regardiez, vous croisez le regard d'un des visages sculptés. Le temple Ta Prohm a lui été mangé par la végétation. Au sein des pans de murs encore debout, des arbres semblent sortir de ses entrailles, comme si les arbres et le temple ne faisaient plus qu'un. En faite, ce temple a été laissé volontairement dans un état proche de sa re-découverte au 20ème siècle et ça demande beaucoup de travail pour stabiliser ces ruines.


Deux choses m'auront surprises sur Angkor :
            - cette zone est encore malheureusement très minée et il est fortement déconseillé de s'éloigner des sentiers battus
                  - au 15ème siècle, c'est ce qui a fait la grandeur d'Angkor qui l'aurait étonnamment détruit (ce n'est cependant qu'une hypothèse). Son essor avait été permis par une très bonne gestion de l'eau avec la construction de bassins qui récoltaient l'eau et évitaient les inondations pendant la saison humide, et la restituaient en saison sèche. Le cite d'Angkor aurait ainsi été parmi les plus vastes complexes urbains (700 000 habitants sur 400 km²) de l'ère pré-industrielle. Ce développement massif n'a cependant pas été sans conséquence sur l'environnement (déforestation, érosion des sols, dégradation des sols) et potentiellement l'origine même de la chute d'Angkor. Un dérèglement climatique avec des périodes de sécheresse sévère suivies de périodes de mousson torrentielle aurait en effet anéanti le système hydraulique et du coup la cité en même temps. C'est à cette période en tout cas, que le pouvoir s'est déplacé vers Phnom Penh, la capitale actuelle du Cambodge. Comme quoi ce qui fait la grandeur d'une chose peut aussi l'anéantir. Peut-être que certains parallèles avec nos modes de vie actuels pourraient être tirés !

Cette escale culturelle (la plus culturelle à date !) nous a également permis de nous reposer quelques jours au même endroit : nous sommes restés 4 nuits dans le même hôtel (notre record !) et ça fait du bien de se poser un peu ! Nous y avons aussi retrouvé Diane & Jérôme, des amis de Paris. Nous avions certes forcé le destin mais quand même le monde est petit !

Les photos étant souvent plus parlante que les mots, ci-dessous nos photos d'Angkor :