14 avril 2015

Cambodge => Thaïlande du sud : une expédition de 25h05 !!!!

Après 21 jours passés au Cambodge, il était temps pour nous de voguer vers une nouvelle destination, mais sans quitter la mer pour autant ! Nous venions de passer 3 jours sur une île paradisiaque (Koh Rong Saloem), mais nous n'étions pas rassasiés de plages de sable fin et nous nous sommes donc mis en route pour les îles du sud de la Thaïlande. Par contre ce fut pas la porte à côté !

Pour cela, depuis Sihanoukville, nous avons d'abord fait une escale pour une nuit à Koh Kong, une ville frontalière avec la Thaïlande. Nous y avons profité pour visiter des zones de mangroves et quelques petits villages flottant. Mais cette étape nous a surtout permis de couper la route et de me donner le temps de me remettre d'une petite tourista (la 1ère du séjour, fallait bien que ça arrive un jour), car c'était un long voyage qui nous attendait le lendemain.

Depuis Koh Kong (Cambodge), nous sommes en effet allés directement à Ton Sai, un petit village au sud de Krabi (Thaïlande - Côte Ouest) qui est tellement enclavé qu'on ne peut l'atteindre que par la mer. Enfin directement, le plus directement possible mais nous avons mis quand même 25h et 5 minutes et nous avons dû remonter jusqu'à Bangkok !

En tout nous avons parcouru d'un trait 1 260 km et utilisé 8 moyens de transport différents : moto ; mini-van ; 2 bus (dont un de nuit) ; métro ; tuk-tuk ; songtheos (= tuk-tuk collectif) ; bateau.

Nous sommes ainsi partis de Koh Kong à 9h du matin en prenant d'abord une moto taxi jusqu'au poste de frontière qui était à une quinzaine de kilomètres. Je dis bien "une" car oui nous étions bien 3 avec nos deux gros sacs sur un scooter ! Et pour une quinzaine de kilomètres ça passe !
Nous y avons passé le poste de frontière comme des fleurs et sans avoir à payer de pots-de-vin (ça change de la frontière Laos Cambodge - cf article "Des 4000 îles à Siem Reap - le trajet de l'arnaque" ). On avait entendu dire que ce poste était plus simple et facile que celui au niveau de Siem Reap, et ça a été le plus rapide depuis qu'on ait eu en Asie du sud-est. On se serait cru en Europe !
Par ailleurs, le passage en Thaïlande par une frontière terrestre ne donne le droit en général qu'à 15 jours de visa. En passant par cette frontière, c'est 30 jours que nous avons eu (bizarre quand même ces différences de droit...).

Du poste de frontière nous avons pris un mini-van en direction de Trat, puis de là un bus jusqu'à Bangkok. Nous sommes arrivés vers 17h à Bangkok mais à la station de bus qui est à l'est de la ville, or nous devions aller à la station de bus qui est à l'ouest et pour faire ce transfert il nous fallu plus d'une heure tellement ces stations de bus sont éloignées et pas facile d'accès (suivant votre destination, il faut vous rendre dans une station de bus bien particulière). Nous avons donc d'abord pris le métro pour se rapprocher le plus possible (le métro est loin d'aller partout dans Bangkok, il n'y a que quelques lignes) puis nous avons pris un tuk-tuk (des bus y vont, mais on n'avait pas les bons renseignements ni le temps, car le dernier bus vers le sud partait à 20h et on n'était pas sûr d'avoir des places). Nous sommes ainsi arrivés vers 19h à la station de bus Ouest et à 19h45 nous embarquions à bord d'un bus de nuit en direction de Krabi. Sur les coups de 7h du matin nous sommes arrivés à Krabi et nous avons pris un tuk-tuk collectif en direction du port. Puis au port nous avons embarqué à 8h30 sur une petite barque à moteur direction la plage de Ton Sai que nous avons atteint à 9h05 !!!! Et nous n'avons pas été déçu de la vue !!! Nous avons débarqué sur une plage d'une centaine de mètres, bordée de falaises abruptes, laissant apercevoir dans son dos des palmiers et quelques guesthouses et resorts.


Après 25h05 de voyage ça nous a fait du bien de poser nos valises et d'aller piquer une tête ! Mais cette expédition s'est écoulée étonnamment vite. Sûrement car nous avons changé souvent de moyens de transport sans trop attendre à chaque fois, ce qui a bien coupé le trajet ainsi que sa monotonie !!!

Détail & coût (pour 2 personnes) de notre expédition vers la Thaïlande du Sud
  1. Koh Kong => Poste de Frontière (15 km) - Moto-Taxi : 4,5$ à deux (soit grosso modo 4,5€.... vu le taux de change à date....)
  2. Poste de Frontière => Trat (140 km) - Mini-Van : 240 THB (soit 7€ à deux)
  3. Trat => Bangkok (321 km) - Bus : 508 THB (soit 14,5€ à deux)
  4. Bangkok East Bus Station => Bangkok Weast Bus Station (15 km) - Métro : 74 THB + Tuk-Tuk : 270 THB, (soit 10€ à deux)
  5. Bangkok => Krabi (780 km) - Bus de nuit : 1 228 THB, (soit 35€ à deux)
Coût total à deux pour 1 260 km : 71 €, soit 0,06€ / km à deux.... ça laisse rêveur quand on compare aux prix de la SNCF !!!


13 avril 2015

Laos vs Thaïlande : same same but different (+2 vidéos)

Si le jour où nous sommes arrivés au Laos, j'avais dû mal à réaliser qu'on avait changé de pays, plus nous avons découvert le Laos, plus nous avons pu noter des différences de taille entre ces deux pays pourtant limitrophe et qui ont eu des histoires croisées.

Le Laos a en effet fait partie du royaume du Siam avec la Thaïlande et il est donc normal de constater facilement des similitudes. Tout d'abord, au niveau de la langue, le Laos et la Thaïlande ont le même alphabet et les langues sont assez proches. Il est cependant beaucoup plus facile apparemment pour un laotien de parler thaïlandais que l'inverse, un peu comme nous avec l'espagnol. Ensuite en terme de paysage, notamment dans le Nord du Laos qui est également très vert et parsemé de montagnes en pain de sucre. Enfin en terme de nourriture, on retrouve des plats et saveurs communes (noodle soupe, curry, riz sauté, pad thaï etc.). 

Par contre dès qu'on s'avance un peu plus profondément on se rend compte que ces pays n'ont pas du tout le même niveau de développement économique et touristique. Le Laos est en effet le 4ème pays le moins développé d'Asie du Sud Est alors que la Thaïlande est le 4ème plus riche en terme de PIB par habitant. Et ces différences de développement sont facilement visible. Au Laos, il est par exemple beaucoup plus compliqué de se déplacer. Il y a peu de routes et elles ne sont pas toutes bitumées. La vitesse moyenne est ainsi très basse et il n'est pas surprenant là-bas de mettre 8h pour parcourir 400 km. Si on n'y retrouve des bus dit "VIP" comme en Thaïlande, ils ne sont pas du tout dans le même état et nous ne sommes jamais montés dans un bus qui n'avait pas au moins une fenêtre de fissurée (et pas qu'un peu). Au niveau des commerces aussi, on peut constater aussi ces écarts en terme de développement. Au Laos, il n'y a pas de petit supermarché et encore moins un réseau de supermarchés (sur le modèle des 7Eleven en Thaïlande). Il y au mieux des petits étales où on peut trouver un peu de tout mais sur des gammes très réduites. Et autre exemple, la chaîne de restauration rapide Mc Donald (ainsi que ses concurrents) ne se sont pas installés au Laos : il n'y a pas de marché à date pour eux (les fast-food étant étonnamment plus cher en Thaïlande que la majorité des restaurants populaires). En terme de connexion Internet, le Laos est aussi en retard. Quand en Thaïlande, il y a le wifi partout, au Laos, Internet est moins répandu et surtout le débit est souvent très lent (on a eu du mal à mettre à jour le blog !). C'est un pays aussi beaucoup moins touristique mais par contre du coup beaucoup plus authentique. Si certes, on n'y trouve pas facilement des smoothies, on croise dans la rue plus de locaux que d'étrangers et les locaux sont beaucoup plus ouverts et accueillants. N'importe où, à pied, scooter en en vélo, nous entendions des enfants nous crier "Sabaidee" (="Bonjour" en laotien), sans rien attendre en retour. Si en Thaïlande nous nous sommes sentis moins les bienvenues (peut-être sont-ils lassés de ces hordes de touristes qui défilent sans cesse), nous avons vraiment apprécié la gentillesse et l'accueil des laotiens. Au Laos, on peut aussi noter, une légère influence française, avec des étales de pain, des panneaux "Ecole" écrit seulement en français et des "rues" et "boulevard" à Vientiane. La vie au Laos, nous a semblé par contre, en tant que touriste, un peu plus cher qu'en Thaïlande, notamment pour la nourriture et les transports.

En terme politique ces pays sont aussi totalement différents : si au Laos on y voit partout des drapeaux communistes (le Laos est un pays communiste depuis 1975), en Thaïlande, c'est la photo du roi qui est placardée dans tout le pays. Et pourtant la monarchie y est précaire. Depuis la fin de la monarchie absolue en 1932 et l'établissement du Royaume de Thaïlande (une monarchie constitutionnelle), le pouvoir passe en effet des mains du roi à l'armée tel un tournoi de ping pong. Depuis 1932, l'armée totalise ainsi 12 coups d'état réussis (plus 7 tentatives), et le dernier était l'année dernière, en mai 2014. Ce dernier a ré-instauré la loi martiale et a re-mis en exergue à quel point la monarchie semble en faite plus un mythe qu'une réalité en Thaïlande.


Mais à vous de juger maintenant à quel point ces pays sont différents. Ci-dessous nos vidéos : une retraçant notre parcours au Laos et une nos escapades a scooter dans le Nord de la Thaïlande.






8 avril 2015

Escale sur l'île de Koh Rong Saloem : le paradis existe bien !!!!

Après avoir repris nos esprits à Kampot, nous sommes partis en direction de Sihanoukville et surtout de ses îles ! Sihanoukville est une ville très touristique qui ne présentait aucun intérêt à nos yeux (on y fait surtout la bringue). Nous n'y sommes donc allés que pour prendre un bateau en direction de Koh Rong Saloem, une île de la zone réputée être paisible et à l'abris des touristes ! Et nous n'avons pas regretté.

A l'allée, notre bateau a en effet fait un stop sur l'île de Koh Rong et quand nous avons vu que 80% des passagers y descendaient, on s'est dit qu'on avait sûrement choisi la bonne île ! De plus, l'île de Koh Rong est réputée pour être festive et "happy" et c'est bien ce qu'on a cru voir ' Les passagers qui sont descendus n'étaient pas tous très frais....!!!

Nous nous recherchions un coin tranquille, préservé, une grande plage de sable blanc, une mer d'huile et la sensation d'être seul au monde. Et dès que le bateau nous a déposé au centre de plongée Eco Sea Dive, qui est au nord de l'île de Koh Rong Saloem, on a tout de suite su qu'on l'avait trouvé notre petit coin de paradis.


Nous avons logé dans ce centre de plongée, qui fait hôtel et restaurant (que vous soyez plongeur ou non), et qui a surtout l'immense avantage d'avoir une grande plage privée. Sur la plage où nous avons débarquée, il n'y a que le centre de plongée et ses clients, et pour trouver du monde, il faut marcher 20 minutes à pied le long de la mer pour atteindre un petit village de pêcheurs (M' Pay Bay Village), où il y a aussi quelques hôtels.


Autant dire donc qu'on s'est senti libre et tranquille comme jamais, et d'autant plus qu'on n'était qu'une quinzaine de touristes au centre de plongée à se partager cette baie de sable fin et les transats ! Nul besoin de réserver sa place !

A Eco Sea Dive, nous avons choisi l'option bagpacker (à 5$ la nuit par personne en dortoir). Le centre de plongée a aussi des bungalow, mais vue sur mer c'est 35$ par nuit (une fortune pour les voyageurs au long terme !). En tout cas nous recommandons plus que vivement cet endroit qui est idyllique tellement tranquille !! Nous sommes allés nous balader dans le petit village de pêcheurs à côté, et même s'il n'est pas très grand, on n'a vraiment pas regretté notre plage privée, bien au contraire !!!

Une mer d'huile nous a ainsi fait face pendant 3 jours ! Nous y avons bullé, fait la planche à volonté (vu qu'il n'y avait aucune vague et que l'eau était super chaude), fait quelques footing (mais rapides, car si la plage est grande, pas plus de 2 km et autour les chemins ne sont pas praticable) et tout simplement profité de la vie qui peut être scandaleusement si douce. Nous avons aussi plongé et si la visibilité n'était pas terrible (beaucoup de particules dans l'eau), nous avons vu beaucoup de poissons et des beaux. Et à 30$ la plongée ça aurait dommage de passer à côté ! En tout cas, on s'est bien ressourcé. Et pour notre première baignade en mer depuis le début du séjour, on a fait plutôt fort côté cadre ! Va falloir veiller à garder le même standing pour ne pas être déçu !


Cette escale a été vraiment magique mais (rien n'est jamais parfait !) un rêve à court terme, car un peu trop enclavée pour nous. Autour de notre plage privée, à part le village de pêcheurs et un autre petit village à 30 minutes de marche (pas du tout touristique pour le coup), il n'y a pas d'autres chemins de randonnée à travers la jungle, et pour faire du hors sentier, faut s'y connaître ! Au bout de 3 jours sur notre petit bout d'île, nous avons donc eu envie et besoin d'espace. Mais on s'est quand même dit en partant que ça allait être compliqué de retrouver un endroit aussi Robinson Crusoé !

Informations pratiques :
    - Pour réserver un lit en dortoir à Eco Sea Dive vous pouvez leur envoyer un email (sur le site booking vous ne pouvez réserver que les bungalow). Ils ont une boutique à Sihanoukville, où vous pourrez acheter vos billets pour le bateau (20$ par personne) et être sûr déposé au bon endroit. Ils proposent aussi des package tout inclus si vous souhaitez faire au moins deux plongées.
     - Une fois sur l'île de Koh Rong Saloem, il n'est pas possible à pied d'aller du Nord au Centre de l'île (où il y aussi des hôtels), il n'y a pas de chemin. Il faut donc savoir avant de prendre vos billets de bateau où vous voulez aller et être sûr que votre bateau s'arrête où vous souhaitez, car ils ne font pas tous les même stop.
      - Sur notre plage privée, nous n'avons pas vu une seule puce de sable ! J'avais pu lire sur des blogs que dans les environs, certaines plages en étaient truffées. A mon grand bonheur, pas celle nous nous étions !
        - Sur l'île, en tout cas au Nord, il n'y a pas Internet, pas de distributeur, pas de boutique, et de l'électricité que entre 17h et 6h du matin et c'est encore mieux comme ça !

6 avril 2015

En direction de la mer : 1ère escale à Kampot

Après avoir quitté, non sans quelques remords, les enfants de CPOC (cf article "Une semaine dans une école au Cambodge"), nous avons retrouvé notre rythme de bagpacker et au début ça a été un peu déroutant. Nous avons retrouvé le confort d'une chambre d'hôtel pour nous deux, de l'eau courante et d'un ventilo. Et on s'est redit à quel point on avait de la chance, notamment celle de pouvoir voyager pendant un an.

Nous sommes partis de l'école en direction de la mer (que nous n'avions pas encore vu depuis notre départ) et nous nous sommes arrêtés à Kampot, une petite ville paisible, mondialement connue pour son poivre (les meilleurs restaurants auraient sur leur table du poivre de Kampot). Et Kampot s'est avéré la transition qu'il nous fallait pour reprendre nos marques en douceur. Bien qu'il n'y ait pas énormément de choses à voir, nous y sommes restés 3 jours ; nous y avons pris notre temps. Nous ne nous y sommes pas baignés, car le temps était nuageux et la plage pas très belle. A la place, nous avons admiré les couchers du soleil, notamment le long des marais salants qui encerclent la ville. Et nous avons loué un scooter pour sillonner les environs : le parc du Bokor, Kep et ses crabes, les plantations de poivre et surtout la campagne qui est ce qu'il y avait de plus beau à voir pour nous. Ses chemins de terre rouge, ses champs de palmiers, ses collines. 




J'ai moins de chose à écrire sur ces trois jours passés, car il n'y a pas à dire, ils étaient plus fades et encore noyés de questions sur notre monde...

3 avril 2015

Une semaine dans une école au Cambodge

Après des semaines de visite géniales mais passives, nous avons eu envie de nous poser quelque part et d'essayer de faire quelque chose. Nous sommes donc arrivés à CPOC (Center for poor and orphelin children) une association tenue par un cambodgien Mr Kim dont le but est de donner des cours de soutien scolaire gratuitement à tous les enfants qui le souhaitent et d'organiser des activités pour eux (cours de musique, sport etc.). Il y a deux professeurs à temps plein payés par l'association (un d'anglais et un d'informatique), et les bénévoles\volontaires donnent un coup de main pour la gestion et rénovation du centre, l'organisation d'activité pour les enfants (cours de musique, sport, sortie à la mer etc.) et aussi un coup de main en anglais (le cours du matin est géré par les volontaires). Ici en faite le terme de volontaire à tout son sens car nous sommes libre de mettre en place toutes les activités que nous souhaitons (tant que M. Kim est d'accord) et nous sommes entièrement libre et maître de notre degré d'implication (ce qui peut être un peu déroutant surtout les premiers jours).

 

L'association héberge aussi une dizaine d'enfants orphelins ou ayant des situations familiales compliquées. Ces enfants, qui ont entre 10 et 14 ans, sont tous bluffant par leur débrouillardise, gentillesse, joie de vivre & envie d'apprendre. C'est un régale pour tout professeur ici tant ils sont motivés et assidus (et cela même le samedi et le dimanche !).

Au centre, le nombre de bénévoles varie énormément ainsi que la durée de leur séjour. Quand nous étions au centre, nous étions en moyenne 15 bénévoles, ce qui est beaucoup mais pas forcément trop car il y a moyen d'avoir beaucoup de choses à faire. Cela permet aussi en cours de suivre mieux les élèves car ils sont tous mélangés et n'ont pas le même niveau, du coup 3 bénévoles pour 15 enfants ce n'est pas de trop. Cela fait mine de rien une présence pour les enfants et une ouverture sur le monde. Et ça permet aussi de couvrir une partie des frais de centre (chaque bénévole contribuant à hauteur de 2$ par jour). Si en saison sèche il y a du monde, le centre est assez vide en saison humide.... Nous étions tous logés et nourris par le centre, et avec les enfants ça faisait une belle tablée !


Nous sommes nous restés une semaine. C'était notre première immersion dans une association de ce genre et à plein temps, et c'est bien d'y aller en douceur car ce n'est pas forcément évident. Certains volontaires restent plus longtemps (jusqu'à plusieurs mois) et c'est beaucoup mieux pour les enfants, car d'une part ça prend du temps pour créer des liens avec eux et d'autre part, c'est compliqué pour eux de voir des gens arriver et partir tout le temps. Et pour nous, ça a été rassurant, et moins culpabilisant, de savoir que quelques bénévoles sont des piliers pendant quelques temps.

Pendant notre séjour nous avons essayé d'aider comme nous pouvions : nous avons donné un coup de main en cours ; bricolé avec les moyens et outils du bord (il fallait faire de la récup !) ; aidé à la construction d'une nouvelle école sur un autre terrain et joué avec les enfants.


Ci-dessous des photos de nos "constructions" /réparations/améliorations essentiellement en bambou :
  • banc remis en état de s’asseoir
  • protection du fil barbelé à auteur d'homme dans le passage pour aller au champs
  • remise en état de l'étagère à chaussures
  • ajout d'un poids sur le seau du puis afin de faciliter le remplissage du seau
  • fabrication d'une porte pour le future poulailler
  • fabrication d'un étendoir à linge à 4 fils (afin d'éviter que les enfants ne répandent leurs linges sur du fil barbelé)
  • fabrication d'un étagère pour les enfants, afin qu'ils puissent y ranger le peu de vêtements qu'ils ont
  • fabrication d'un jeu de dominos


Guillaume s'est en tout cas bien amusé avec le bambou. Celui ci étant un matériau robuste, peu cher et facile à utiliser.

Outre la motivation et l'envie d'apprendre des enfants, ce qui nous a marqué aussi c'est à quel point on peut en effet faire des choses avec peu de moyens. Nous avons participé à l'organisation d'une kermesse pour les enfants du village et les autres bénévoles m'ont bluffé avec leurs idées : il y avait un jeu de chamboule-tout fait de canettes ; un twister homemade qui rivalisait parfaitement avec un vrai ; une course en sac ; des relais avec des ballons de baudruche etc. Moi j'ai repris l'idée d'un jeu organisé lors d'un séminaire par mon ancienne entreprise : des skis en bois, chaque enfant avait un pied sur chaque morceau de bois et ils devaient synchroniser leur mouvement pour pouvoir avancer. Moins on a, plus on semble créatif (cf vidéo ci-dessous).



Nous avons aussi repris conscience à quel point nous sommes chanceux en France. Certes tout n'est pas parfait, mais nous avons un confort de vie incroyable et des lois qui nous protègent, notamment au travail. L'association était en effet située à une trentaine de kilomètres de Phnom Penh, le long de la route principale en direction du sud. Tous les jours nous avons ainsi vu de nos yeux des "bétaillères" humaines défiler. Ces camions acheminent dès 6h30 le matin des centaines et centaines d'ouvriers en direction des usines au alentour de Phnom Penh, où ils travailleraient 10h/12h par jour, 6 jours sur 7, pour 150$ par mois ou moins, et même si la vie est moins cher qu'en France, c'est très peu (il est facile de trouver des informations avec google - voici un article récent sur le sujet : cliquer ici). Ce qui m'a fait mal au cœur, c'est aussi de réaliser que ces gens, travaillaient peut-être dans des usines qui fabriquent des objets de mon quotidien (vêtements, chaussures, électroménager etc.). En consommant et en cherchant toujours à acheter moins cher, ne participerais-je pas à ce système ? Et même si je n'ai pas de solution à apporter, ça m'a perturbé de voir de mes yeux ces inégalités de vie que, certes, je n'ai pas découvertes, mais que j'oubliais au quotidien. C'est tellement plus simple de détourner le regard et de consommer sans chercher à savoir d'où ça vient.... C'est ce que j'ai toujours fait en France. Réussirais-je à consommer plus éthiquement à mon retour ? J'espère en tout cas au moins garder en mémoire à quel point je suis bien lotie, arrêter de me gâcher la vie pour des bêtises, de me plaindre trop vite et me souvenir que ce n'est pas en consommant, en ayant une garde de robe bien remplie, que je me sentirais accomplie et heureuse.

NB : Si vous avez un peu de temps, vous pouvez aussi regarder cette "série-reportage" que nous avons trouvé sur le net (au moins le 4ème et 5ème épisode). Elles parlent des conditions de vie des travailleurs dans l'industrie du textile et même si nous n'avons pas visité d'usine, de nombreuses images nous ont parlé. Par contre, ne la regardez pas si vous comptiez aller faire les soldes.... Cliquer ici.

 

Car cette expérience m'a en effet aussi appris, qu'on peut bien vivre sans tout le confort auquel on est habitué. C'est en fait ce qu'on fait et avec qui on est qui compte le plus. J'avoue qu'en arrivant au centre et en voyant qu'il fallait aller chercher l'eau au puits, qu'il n'y avait pas vraiment de douche (et le plus souvent au final nous sommes allés nous laver dans le lac), qu'on n'avait pas de ventilo (et il fait chaud la nuit), qu'on dormait pas loin des cochons (ça sent fort en plus de faire du bruit) etc., j'ai un peu tiré la langue. En même temps que je faisais ma fine bouche, je me suis sentie terriblement coupable car cette vie c'est le quotidien de ces enfants et de beaucoup de gens ici. Et puis, au fur et à mesure que les jours passaient, je me suis habituée à l'odeur des cochons et sentie vraiment bien, car tout autour de moi était paisible. Les enfants étaient des crèmes d'enfants, et nous rendaient au centuple toutes les petites actions qu'on pouvait faire pour eux. Les autres volontaires étaient tous des gens géniaux dont il était agréable de partager le quotidien. On mangeait certes tous les jours du riz, mais bien cuit, à notre faim et agrémenté de légumes de saison. Il y avait donc tout en faite, pour se sentir bien. Et si des biens matériels auraient pu améliorer nos conditions de vie, ils n'auraient pas constituer l'essence même de ce qui nous faisait nous sentir bien.


C'était la première fois pour nous deux, que nous participions à un projet associatif de ce genre, et si une semaine c'est, nous en avons conscience, trop peu pour les enfants, c'est néanmoins déjà un bon début. Car l'idée de s'investir à fond auprès des enfants et de devoir les quitter n'est pas facile à appréhender. Nous avons été présent comme nous pouvions mais nous ne nous sommes pas rendus indispensable, car je ne me sentais pas le courage de devenir un pilier momentanée. Cette expérience nous a en tout cas ouvert les yeux sur beaucoup de choses et de possibilités à notre retour. C'est difficile à expliquer, mais je me sens un peu différente aujourd'hui : plus ouverte et flexible. ça m'a donné une petite claque et c'est ce que je pense j'étais aussi venu chercher.

En tout cas cette expérience dans une école avait d'autant plus de sens que ce qui nous a frappé depuis qu'on est au Cambodge, c'est l'envie d'apprendre des Cambodgiens et notamment l'anglais. Dès leur plus jeune âge, les enfants des villes comme des villages savent dire "Hello" ; "What is your name ?" ; "Where do you come from ?". Les cambodgiens ont bien conscience que le massacre des élites intellectuels par Pol Pot entrave le développement actuel de leur pays et ils ont à cœur d'apprendre pour rattraper le temps perdu. Ce pays, saccagé et privé d'éducation sous Pol Pot, prend aujourd'hui sa revanche et a une soif d'apprendre qu'on ne peut qu'avoir envie d'aider.

Ci-dessous la vidéo qu'un des volontaires de l'association a réalisé lors à la kermesse organisée par l'association pour les enfants du village, à laquelle nous avons participé.

NB : Si vous voulez soutenir cette association, vous pouvez faire un don en ligne, dans la rubrique "Donation" du site de l'association. Vous aurez au moins la garantie que votre argent va bien intégralement au profit des enfants et de l'association.